Imprimer

« Protéger le Futur... » : 4 Questions à Jean-François LEQUOY

Q : Le monde de l'Assurance a-t-il vraiement vécu une révolution ces dernières années ?

R : Assurément ! Ce ne sont pas des révolutions déstructurantes, mais des mutations réelles auxquelles nous assistons depuis 30 ans. Par exemple, et dans le désordre :
- un nombre important de noms de sociétés a disparu au gré des rachats, des fusions, des unions ;
- progressivement, le secteur des assurances est devenu le plus auditionné par la puissance publique ! ;
- les évolutions sociologiques et techniques ont eu un impact profond sur la matière assurable, la priorisation des risques, les prix, les process...
Mais la vraie rupture est celle générée aujourd'hui par un niveau d'incertitude inédit pour l'avenir, que ce soit sur un plan politique, sociologique, technique, sociétal, sans oublier l'aspect financier qui nous fait entrer dans un autre monde avec le maintien durable des taux d'intérêt à un niveau extrêmement faible, voire négatif

Q : Quelles conséquences premières entrevoyez-vous avec ces niveaux de taux ?

R : Les taux bas durables posent nécessairement une question « existentielle » à tous les métiers de l'épargne;  ils affecteront en particulier l'attractivité de l'offre d'assurance vie en euros et sa rentabilité, obligeant les acteurs à prendre en compte des scénarios extrêmes, comme le leur demandent d'ailleurs les régulateurs.
J'en tire, parmi d'autres, deux conséquences :
- commencer à réfléchir à « l'après fonds Euros »,
- mettre en œuvre l'intelligence collective au sein de nos structures pour transformer notre métier, repenser notre offre et la valeur ajoutée de nos services.

Q : GAFA, Startups,... quelle place pour ces nouveaux acteurs dans l'assurance ?

R : La puissance des GAFA, principalement dans leur lien avec les utilisateurs et dans la détention de données, n'est plus à démontrer. Mais mon sentiment est qu'ils ont sans doute mieux à faire, au moins aujourd'hui, que devenir des assureurs, et qu'ils rechercheront davantage à court terme des partenariats avec nous, à leurs yeux plus rapidement profitables. Ils nous incitent en tout cas à travailler avec eux car il faut être là où sont les clients !
En ce qui concerne les startups, elles sont un apport précieux à l'évolution de nos métiers. En ce sens elles ne doivent pas générer de craintes, mais au contraire nous aider à la mobilité et à l'agilité ; on ne pourra pas avancer vers l'assurance de demain sans l'écosystème des Fintechs. Mais chercher systématiquement à « intégrer » les startups serait une erreur qui les briderait dans leur créativité.

Q : Comment faire avancer une entreprise dans sa transformation digitale ?

R : En premier lieu, il faut considérer que la transformation digitale concerne tous les maillons de la chaîne de valeur de l'assurance, et pas seulement un peu d'IT et un peu de relation client !
L'engagement de tous les collaborateurs est donc une priorité pour inventer l'assurance du futur et il faut, à tous les niveaux, favoriser l'intelligence collective, les fonctionnements très collaboratifs et la mixité intergénérationnelle. Ceci nécessite beaucoup de travail managérial, car l'engagement ne se décrète pas, il se construit jour après jour.
C'est passionnant : notre rôle de managers et d'assureurs dans ce monde en plein mouvement est de protéger le futur plutôt que de protéger le passé !

Jean-François LEQUOY - Membre du Comité de Direction Générale en charge du pôle Assurances de NATIXIS

retour à la newsletter

Les Partenaires

Le LAB

20 rue Drouot 
75009 Paris 
Métro : Richelieu Drouot (ligne 8 ou 9) ou Le Peletier (ligne 7)
Email : contact@cerclelab.com
Tel : 01 44 83 99 68
Plus d'information